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ARMAROLI | KUJALA | SJOSTROM | SCHIAFFINI

WINDOWS & MIRRORS | MILANO DIALOGUES

Have you ever heard the accordion, vibraphone, trombone, and saxophone improvising together? There is only one record label where you can hear this kind of music — Leo Records, of course. In the hands of these exceptional musicians, this extraordinary combination of instruments produce a sensational amalgamation of sounds, the kind of sounds you’ve never heard before. The music is so gripping, it makes you sit down and listen. Sergio Armaroli – vibraphone, Veli Kujala – accordion, Harri Sjöström – saxophones, Giancarlo Schiaffini – trombone.


This music radiates an icy beauty. It is strange, distant, and, at times, eerie. The quartet of vibraphonist Sergio Armaroli, accordionist Veli Kujala, saxophonist Harri Sjöström, and trombonist Giancarlo Schiaffini flash momentary glimpses of melody, like snatches of dreams during a night of restless sleep. It’s relentlessly compelling.

Sergio Armaroli est un excellent vibraphoniste italien découvert auprès de musiciens essentiels tels que les percussionnistes Andrea Centazzo, Roger Turner et Fritz Hauser, le saxophoniste finlandais Harri Sjöström et le tromboniste Giancarlo Schiaffini. Voici que s’ajoute à cette liste un compatriote de Sjöström, l’accordéoniste Veli Kujala qui avait participé à l’enregistrement des superbes Soundscapes Festival #3 réunies dans un double CD Fundacja Sluchaj avec un aéropage impressionnant (Sjöström, leur instigateur, Phil Wachsmann, Giancarlo Schiaffini, Sebi Tramontana, Floros Floridis Lawrence Casserley, Emilio Gordoa, Matthias Bauer, Wilbert de Joode, Matthias Bauer, Dag Magnus Narvesen, Kalle Kalima…) que je me suis fait le plaisir de chroniquer ici, il y a quelques mois. Partie remise dans un quartette de chambre aérien et éthéré avec trois des précités. Harri Sjöström a fait l’extraordinaire expérience de jouer régulièrement avec Cecil Taylor et travaille depuis des décennies avec Paul Lovens et Phil Wachsmann. Veli Kujala est un prodige de l’accordéon et Giancarlo Schiaffini est un pionnier de l’improvisation libre au trombone depuis les sixties au même titre que Paul Rutherford. Le travail de ce quartet atypique (sax soprano ou sopranino, trombone, vibraphone et accordéon) se focalise sur une musicalité distinguée, raffinée, chaque musicien se situant dans une position égalitaire dans le champ auditif. Rien de tel pour stimuler l’écoute mutuelle en partageant les rôles, les interventions et les initiatives dans une démarche d’équilibres instables et mouvants lors de dix improvisations intitulées Windows #1 jusque #5 et Mirrors #1 à #5. Ici le verre, matière translucide, accède à la lumière extérieure ou reflète votre image … ou votre action musicale. Une dimension mélodique free s’ébauche dans les articulations obliques et légèrement vocalisées du souffleur au sax soprano ou sopranino contrebalancées par les effets de coulisse, lèvres et sourdines de Giancarlo Schiaffini au trombone. Une dimension harmonique éthérée s’insère adroitement entre les souffles conjoints ou centrifuges, la face percussive et cristalline du vibraphone et celle venteuse et mystérieuse de l’accordéon. Les jeux respectifs de Veli Kujala et Sergio Armaroli se complètent étrangement de manière inattendue. Le son du vibraphone peut presque s’éteindre au bord du silence lorsque le timbre du trombone s’étire dans de longues notes soutenues discrètement dans le grave (Windows #2). La déambulation presque chaotique de Windows #3 s’appuie sur de vifs accents partagés entre l’articulation en soubresauts du sax soprano et les virevoltes subtiles du vibraphone, l’accordéon soufflant des contrepoints sinueux par intermittence. L’intérêt profond de la démarche collective de ce quartet d’exception tient dans une succession très habile d’univers différents d’une pièce à l’autre, chacune ayant ses caractéristiques propres comme s’il s’agissait de compositions aux éléments structurels et semi- formels bien définis. L'auditeur les reconnaît immédiatement lorsqu’il zappe d’un morceau à l’autre ou lorsque notre écoute s’estompe pour se ressaisir durant le morceau suivant. Une application ludique des principes issus du Pierrot Lunaire de Schönberg en roue libre. La sonorité de Sjöström est exquise, charnelle et éthérée et fait écho au timbre caractéristique vocalisé, aux glissandi et froncements du pavillon de Schiaffini, sans nul doute une des paires saxophone – trombone les plus mémorables depuis l’époque lointaine Lacy – Rudd des Schooldays. Leurs interactions conjointes, parallèles ou frontales avec l’accordéon mystérieux de Kujala et le vibraphone d’Armaroli , tout en légèreté, sont simplement providentielles et défient les lois de la pesanteur et de la géométrie dans l’espace. Comme quoi l’improvisation est à la base de la création de formes musicales qu’on croirait composées et partiellement préméditées. Laissons la réponse à cette suggestion en suspens, la musique parle pour elle-même. Tout l'intérêt de leurs superbes intervenstions individuelles réside dans leur agencement dans l'espace et le temps. C’est véritablement du grand art et on songe parfois aux mobiles de Calder.

19 novembre 2022

TOP 3

Es trafen sich im April dieses Jahres in einem Studio in Mailand vier Improvisatoren der Extraklasse, die sich lange kennen – nicht zuletzt von Harri Sjöströms Sestetto Internazionale, in dem alle Mitglieder sind. Sjöström spielt auf dieser CD mit, und zwar Sopran- und Sopranino-Saxophon, neben ihm sein finnischer Landsmann und Akkordeonist Veli Kujala sowie die Italiener Sergio Armaroli am Vibraphon und Giancarlo Schiaffini an der Posaune. Auf den fünf »Windows« und den fünf »Mirrors« betitelten Stücken begegnet man sich wohl nicht ausschließlich zum spontanen Spiel, denn die äußerst filigrane Art, wie man miteinander interagiert, Ton neben Ton fast rituell zur Begutachtung von allen Seiten installiert und der Wirkung mit großer Geduld nachhorcht, lässt darauf schließen, dass es kleine Vereinbarungen vorab gegeben haben muss. Man ist zum großen Teil mit gegenseitigem Aushören beschäftigt, und das geschieht bisweilen so konzentriert, dass man meint, die Gedankengänge der vier Quartettmitglieder als quasi Musikskulpturen vor sich zu sehen. Harmonien spielen eine untergeordnete Rolle, es geht um Soundbewegungen, um Sound im Raum und dessen unendlich zahlreiche und diffizile Spiegelungen.

Man lässt sich Zeit. Die musikalischen Ideen gehen ja ohnehin nicht aus. Kujala sticht etwas heraus, denn er unterlegt das Geschehen mal mit einer Spur Dramatik, mal stellt er einen imposanten Drone her. Die Gegenüberstellung der vier Instrumente, die nie unisono gehen, sondern sich separat in Verhältnis zueinander setzen, entfaltet auch dank des exzellenten CD-Klangs von Toningenieur Raffaele Stefani und trotz konsequent abstrakter Anordnungen immense Sogwirkung. Musik von geradezu klassischer Größe. GABRIEL ANIOL